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Du championnat de France de Ligue 1, j'ai vu mourir le football école, samedi après samedi, assis au bar Le Soleil, boulevard de Menilmontant. Le
football-école, c'est simple: C'est un joueur qui joue à son poste et qui s'attache à faire du mieux possible uniquement ce qu'il est censé savoir faire. Peu importe sa morphologie, et en
dépit de ses qualités physiques naturelles, c'est un joueur qui récite une partition repétée à l'entrainement, et plus en amont durant sa période de formation. Le football-école, c'est
l'intelligence mise au service du collectif. Ca a l'air simple, dit comme ça, mais je ne le vois presque plus.
Aujourd'hui, beaucoup s'efforcent d'intellectualiser le football, et j'entends de nouveaux mots chaque semaine: la "technicité" remplace la "technique", la "sanction administrative" le carton
jaune, la "prise d'information" remplace le coup d'oeil, et bientôt, tous les coachs de district débarqueront à l'entraînement avec une "palette de Doudousse" et voudront parler comme
Pape Diouf. Mais n'est pas Pape qui veut. Les temps sont complexes, et faire simple de nos jours reléverait de la gageure, de l'irresponsabilité même, dans notre époque de
grande communication. Bon là, je déverse mon fiel et semble m'égarer de mon propos initial.
Le football-école, c'est le Nantes de 1995, c'est les commentaires de Denoueix, l'Ajax emmenée par Litmanen, l'équipe ou les équipes de Russie, l' Auxerre version Corentin
Martins et Verlaat, le Brésil de 1982 à 1986, c'est une petite passe du plat du pied de Fernando Redondo au Real Madrid, c'est des pieds qui ont un cerveau dans leurs
chaussettes, plutôt que des sabots cons comme leurs pieds! En tant que passionné, je préfère voir les Pays-Bas éliminés en quart de finale de Coupe du Monde après m'avoir régalé de deux très
grands matchs. Au moins, j'aurais pris mon pied le temps de quelques minutes et me serai rappelé que ce sport n'est qu'un jeu, le plus grand certes, mais ça ne reste qu'un jeu, et qui ne guérira
pas les gens du cancer, quoique j'ai entendu dire qu'un rat de laboratoire a été guéri d'un cancer généralisé après avoir vu un best-of des meilleures actions de Ronaldo.... Le palmarès n'est pas
tout, et je peux vous garantir que l'histoire du jeu ne retiendra pas des joueurs comme Deschamps. On n'entre pas dans la mémoire collective à coups de tacles bien appuyés, on y entre
en donnant à voir du beau, la culture du résultat, c'est une affaire de comptables. Un attaquant racé comme Batistuta n'aura gagné qu'à peine le cinquième de ce
que son immense talent aurait pu lui procurer, mais les vrais amateurs se souviendront de lui.
Aujourd'hui en Ligue 1, on a donné la priorité au nombre de duels remportés, la balle est souvent dans les airs ou en touche. On reprochait au foot français, dans les années 80 son déficit
sur le plan physique. On l'a récupéré, sauf qu'on a oublié de jouer avec le ballon. Il y a d'excellents joueurs sans ballon en Ligue 1, il faudrait même envisager de leur attribuer une
distinction, un truc du genre: " le Ballon d'or sans ballon est attribué cette année à Moumouni Dagano!".
Le football-école vit ses dernières heures! Et les grands bénéficiaires de sa lente disparition sont des joueurs qui jouent à l'envers, et qui ne
maîtrisent pas les fondamentaux, et il y en a toujours eu des joueurs de cette trempe, athlétiques mais pas finauds pour deux sous: Dagano, Dennis Oliech, Serge Dié, Taribo West, Taiwo, Kader
Keita, Mendy ( le Bernard), et aussi Ronnie Rosenthal, l'ancien attaquant israelien de Tottenham qui fonçait tête baissée, Ivica Mornar, le géant Croate qui ne dribblait qu'à coups de contres
favorables, Vinnie Jones, le casseur de Wimbledon.
Dans tout ça, heureusement qu'il existe des joueurs comme Deco ou Iniesta. Iniesta a tout le temps l'air palôt, l'air du type qui n'a jamais vu le soleil, n'empêche, ce gamin
peut vous décrocher la lune en un crochet. C'est pourquoi je me suis réjoui de la victoire de l'Espagne à l'Euro 2008.
Mais le football-école peut se trouver partout. Et si par hasard vous vous trouvez un dimanche après midi du côté de la Porte Dorée, dites vous qu'une belle attraction peut
vous y attendre, si vous aimez le foot et êtes curieux de nature.
Avec un peu de chance, le Maccabi Paris jouera au stade Paul Valéry, métro Porte Dorée, et le jeu de passes de son arrière droit, Idriss Hamel, ne vous fera pas
regretter de ne pas être aller à la Foire du Trône. Formé au Paris F.C, club qui a lancé des joueurs tels que Piquionne, Madar, Prunier, Benachour, Bellaid, Douchez et bien d'autres,
Idriss Hamel a par la suite rejoint le Maccabi, en amateur car il n' a pas su percer dans le milieu, mais pro ou pas pro, ce joueur joue juste, et ça c'est dur à faire. Il prouve
qu'on peut bien jouer au foot si l'on dispose de bases solides. Allez, salut tout le monde, salut Idriss, et au fait super ta passe décisive en Coupe face à Meudon!
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