Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 15:01

La nouvelle est tombée hier, et la surprise est de taille, d'une taille patron aussi large que celle de la personne qu'elle concerne. Je ne veux pas parler du dernier pantalon acheté par Pierre Menes, à l'étroit dans une cabine d'essayage, mais de la nomination à la tête de la seleccion de Diego Armando Maradona, légende vivante du football, icone du beau jeu et/ou de la déglingue, rock -star punk  sans guitare mais en lunettes de soleil, le Marlon Brando du ballon, le type qui a revolutionné son art en même temps qu'il a pris soin  parfois de mépriser sa discipline, et ce au plus au point.

Vladimir Dimitrijevic, amateur de littérature et de philosophie, et auteur de l'excellent  La vie est un ballon rond  a su parfaitement, à l'aide d'une comparaison lumineuse, su rendre compte de l'engouement populaire porté au pibe:
"
Quand Diego entre dans un bar, tout le monde veut lui payer un verre. Quand Beckenbauer entre, tout le monde s'attend à ce qu'il paie sa tournée."
Diego, ce brave gars du peuple, auquel peut s'identifier le quidam de toutes les villes du monde, riches ou pauvres.

Diego parle de tout, à tous ..... ce qui l'implique parfois... souvent des prises de positions teintées de démagogie, de nationalisme pro-cubain, d'anti-nord americanisme, d'anti-vaticanisme, d'anti-joao havelangisme (isme que j'invente, tiré du nom du président Brésilien de la toute puissante Fifa).
Après avoir échappé à plusieurs reprises de peu à la mort, animé à la télé argentine, une émission à grand succés sobrement intitulée La noche del diez, Diego reprend la main (de Dieu?), et est intrônisé selectionneur d'une nation de foot qui cherche à mettre la main ( de Dieu?) sur une coupe du monde depuis 1986.
Un Diego qui fait des pieds et des mains (de Dieu !) pour qu'on lui accorde enfin ( encore ?) sa chance....

Mais Diego Maradona peut-il s'asseoir à la même table qu'un Marcello Lippi, Capello, Mourinho, Scolari, Hitzfeld
?
Non, ou peut-être dans une table au fond, à la fin du deuxième service, à la rigueur... 
Il n'a pas montré les signes de patience, de mansuétude envers la presse et les joueurs.
Il n'a pas montré la remise en cause que le métier d'entraineur réclame;cette patience forgée par les hauts et les bas, les montées, les descentes, les présidents en transe, les transferts foireux et que seuls les résultats sanctionnent comme autant de glaives au-dessus des nuques.

Maradona n'est pas Carlo Mazzone, Vujadin Boskov, Lobanovski, Suaudeau, Zagallo et il ne vieillira pas comme Guy Roux ou Michel Le Millinaire. Il ne sera pas le Mick Jagger des bords de lignes, il mourra façon dandy, jeune et beau.
Revenons-en au rectangle vert, coach Diego s'est planté il y a dix ans à Mandiyu et au Racing. Là-bas, il débarquait aux entrainements à la bourre et bourré, puant le parfum et au sortir d'une fête endiablée dont Kluivert, Ronaldinho, Adriano n'auraient pas décliné l'invitation. Et quand Diego parle de foot, c'est pour dire que Riquelme sera son digne successeur, que Saviola le sera aussi, idem pour Aimar ou D'Alessandro, mais il semblerait que la vérité du terrain ait été tout autre pour ces excellents joueurs.

Finalement, le joueur qui ressemble le plus à Diego balle au pied gauche reste Messi, auquel Diego, pour des raisons d'ordre sans doute filial (le Kun de l'Atletico Madrid va bientôt épouser la fille aînée de Diego),préfère Sergio Kun Aguero, futur grand joueur, mais moins percutant, imprévisible et rapide que le Messie.
Diego affirme que Lionel Messi joue uniquement pour lui, mais n'est -il pas vrai que Messi a fait de réelles différences dans les matches les plus disputés? Il s'agit d'un débat technique qui fera couler beaucoup d'encre et de maté, la boisson locale en Argentine, pays de la tactique avec l'Italie.

En tous cas, Diego a un passé illustre, un présent qui lui offre des possibilités, une aura depuis toujours à son zénith. Mais l'aura ne fait pas tout, il faut qualifier l'Argentine pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud...
Les deux prochains rêves de  Diego: qualifier l'Argentine et ramener la Coupe du Monde au pays. Un peu le même rêve qu'il avait enfant, la tignasse épaisse, le visage sale, le génie éclatant

 

Par fadaili - Publié dans : Foot étranger
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Commentaires

Un bel article, qui donne envie de s'interesser au foot. Bravo Mr Fadaili. On attend les autres analyses.
Commentaire n°1 posté par F.F le 31/10/2008 à 10h41
Bon article,bien ecrit.Je pense,en toute modestie,que l'auteur y demontre une certaine culture footbalistique que,j'espere on aura l'occasion de voir transparaitre a travers d'autres articles divers et varies.La conclusion notamment me semble bien trouvee.Le personnage evoque ne peut qu'interresser.Me concernant,je pense qu'aguero est deja un grand joueur malgre son jeune age et le fait qu'il n'est apparu que recemment mais je suis sur que l'auteur pense la meme chose.je pense egalement que l'italie reste avant tout la reference en matiere de tactique et j'entends par la le fait que plus qu'ailleurs,on cherche a rationnaliser le jeu.L'argentine n'est pas forcement autant obsedee de tactique malgre les querelles entre bilardistes et menotistes et je pense que plus que la tactique,trois choses rapprochent les deux pays:a savoir un certain "vice"(et je l'entends positivement),la culture defensive et un certain realisme froid en phase offensive symbolisee par leurs grands buteurs;je pense que plus l'argentine,on pourrait citer les pays bas comme l'autre pays de la tactique.
Commentaire n°2 posté par weah le 03/11/2008 à 13h24

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